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Cliquez pour agrandirLuché-Pringé (Sarthe), 5 mai 2010 Réserve naturelle des Caforts © Photo Ouest Médias pour la Région Pays de la Loire

RNR Coteau et prairies des Caforts

Avec sa maison troglodytique et ses 910 mètres de galeries souterraines, d’où on extrayait les pierres de tuffeau, le site des Caforts (caves fortes) raconte l’Histoire. Dès le Moyen-Âge, en effet, l’homme a creusé les falaises de calcaire de la vallée du Loir pour exploiter les blocs de craie tuffeau, matériau le plus utilisé pour les anciennes constructions locales. Cette pierre a d’ailleurs façonné toute une région puisqu’on la retrouve au cœur du Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine tout proche, avec ses paysages marqués par un patrimoine bâti identitaire : les châteaux de la Loire, Fontevraud…, mais aussi par des carrières souterraines qui abritent encore de nombreuses espèces de chauves-souris. Les carrières ont ensuite hébergé des champignonnières, actives jusque dans les années 1970. La prairie humide et le coteau, avec sa pente forte exposée au sud, son sol pauvre où le calcaire affleure, offrent les conditions du développement d’une flore et d’une faune exceptionnelles : une riche biodiversité très bien préservée, aux affinités parfois méditerranéennes.

Environnement

Un concentré de nature.

On compte ici 274 espèces végétales, pour certaines en limite nord de leurs aires de répartition, comme le Camérisier ou la Bugrane jaune, toutes deux inscrites sur la liste rouge des Pays de la Loire et 256 espèces de la faune.

  • Une prairie à papillons

    En contrebas du coteau, de l’autre côté de la route départementale, la prairie humide des Caforts est alimentée par le ruisseau l’Organne, qui se jette dans les eaux du Loir. Cette prairie inondable héberge des espèces végétales peu communes comme le Souchet long et le Pigamon jaune. On y observe plusieurs espèces rares de papillons, dont le Nacré de la sanguisorbe, et surtout, le Cuivré des marais, espèce protégée à l’échelle européenne, qui fait l’objet d’un suivi scientifique sur le site.

  • Un coteau à orchidées

    Sur le coteau, le calcaire qui affleure et l’exposition plein sud génèrent un sol pauvre et sec où pousse une végétation basse. Cette pelouse vivace sur terrain calcaire est remarquable par l’abondance des orchidées (Orchis singe, Ophrys araignée). Ces conditions spécifiques permettent également d’y trouver la Bugrane jaune et le Grémil pourpre-bleu, mais aussi des reptiles et des papillons rares comme l’Azuré du serpolet, un papillon protégé à l’échelle nationale, et l’Azuré bleu-céleste.

  • Une cavité à chauves-souris

    Les galeries de la cavité souterraine abritent de nombreuses chauves souris, dans un milieu très favorable à leur protection. Seize espèces ont été recensées : 12 dans la cavité souterraine, les 4 autres sur le coteau ou la prairie. Un plan de conservation régional d’actions en faveur des chauves-souris est actuellement mis en œuvre avec le soutien financier régional.

Acteurs

Préservation et valorisation

Au coeur d’un environnement remarquable, le site des Caforts est inclus dans deux ZNIEFF* et dans un site Natura 2000 (Vallée du Loir de Bazouges à Vaas et abords). Mais le travail de l’homme n’y étant plus présent, l’activité volontaire de préservation et de valorisation y est déterminante. En effet, la présence de nombreuses espèces d’intérêt patrimonial témoigne de la diversité biologique et paysagère du site et de ses alentours.

Après la fermeture de la champignonnière, la maison troglodytique a continué quelque temps à être habitée, puis le coteau a été laissé à l’abandon. Depuis 1993, le site des Caforts est géré par le Conservatoire du patrimoine naturel sarthois (CPNS), qui en a fait l’acquisition en deux fois : le coteau et la cavité souterraine en 1995, la prairie en 2005.

Aujourd’hui, la prairie est entretenue et l’ensemble du coteau est restauré : enlèvement de détritus, débroussaillage, fauche, puis pâturage en partenariat avec des agriculteurs. La cavité est protégée de toute intrusion, mais avec une fermeture qui permet néanmoins l’accès pour les chauves-souris.

Le Conseil régional des Pays de la Loire a décidé du classement du site des Caforts en Réserve naturelle régionale (RNR) le 14 décembre 2009. La Région assure un accompagnement technique et financier à hauteur de 50 % du coût des actions menées dans le cadre du plan de gestion.


Partenaires locaux

Le Conservatoire du patrimoine naturel sarthois (CPNS) a été désigné gestionnaire du site. Il s’applique à réaliser le plan de gestion en s’appuyant sur des partenaires locaux : le pâturage avec des agriculteurs, les opérations d’entretien de la ripisylve (végétation en bord du ruisseau l’Organne) et de fauchage de la prairie et du coteau (fauchage manuel en grande partie) avec les étudiants de BTS gestion et protection de la nature de la MFR (Maison familiale rurale) de La Ferté-Bernard.

Actions

Des actions concrètes pour l’avenir du site

Le plan de gestion, obligatoire pour une labellisation en Réserve naturelle régionale (RNR), repose sur la participation active des acteurs de terrain. De nombreuses actions régulières d’entretien et de valorisation sont ainsi menées. Elles remplacent la gestion agricole traditionnelle et la complètent par un suivi scientifique.

  • Maintenir un état de conservation favorable des habitats.

    Prairie ou coteau, il s’agit de restaurer les milieux dégradés, d’assurer le maintien des habitats actuels et de sensibiliser les acteurs locaux à ces enjeux. Préserver les habitats, c’est préserver les espèces qui y vivent.

  • Favoriser la pérennité des espèces d’intérêt patrimonial.

    Qu’elles soient animales ou végétales, il faut adapter les mesures de gestion du site à la conservation des espèces, mais aussi améliorer leur accueil, éviter leur dérangement et développer leur suivi scientifi que.

  • Assurer la pérennité de la qualité paysagère.

    Convergeant avec les objectifs de préservation de la biodiversité, la gestion du paysage est un enjeu à long terme. Il faut organiser l’entretien annuel et la protection des haies, des arbres et de la ripisylve (bords de ruisseau).

  • Sensibiliser le grand public.

    Site fragile, les Caforts méritent cependant d’être connus et valorisés. C’est pourquoi des visites guidées sont organisées ponctuellement, permettant une fréquentation maîtrisée. (Renseignements auprès du CPNS : tél. : 02 43 77 17 65).

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