Lac de Grand-Lieu
Le lac de Grand-Lieu est situé à 15 km au sud de Nantes, sur la commune de Saint-Philbert de Grand-Lieu. Il s’étend en hiver sur une surface de plus de 6 000 hectares et devient alors le plus grand lac naturel de plaine français. On y distingue quatre habitats bien particuliers. Au centre, l’eau libre représente 1 200 hectares. Ensuite, en se déplaçant vers la périphérie, une zone de 1 300 hectares est couverte de nénuphars blancs et jaunes, de limnanthèmes, de macres qui composent le plus grand herbier français. Puis vient la roselière sur 1 500 hectares et enfin, les prairies inondées six à huit mois par an sur lesquelles viennent paître les troupeaux en période de basses eaux. La faible profondeur du lac (1 mètre en été, 3 mètres en hiver)explique la luxuriance de la végétation qui, d’un point de vue écologique, rapproche Grand-Lieu des lacs africains. Le lac de Grand-Lieu, est un écrin exceptionnel pour de nombreuses espèces animales et végétales. Ce joyau incomparable mérite toutes les attentions et les plus grands soins.
Environnement
A Grand-Lieu, on recense plus de 550 espèces de végétaux. Une véritable aubaine pour les botanistes comme pour les amateurs ! Mais le site reste avant tout un paradis pour la faune.
- Situé sur une des grandes voies de migration de la façade atlantique, le lac de Grand-Lieu, dont 650 hectares sont classés en Réserve naturelle régionale, accueille 270 espèces d’oiseaux, ce qui le place au second rang en France en termes de richesse ornithologique, après la Camargue. Au printemps, plus de 2 000 couples de hérons (cendré, garde boeuf, bihoreau, pourpré et même sept couples de hérons crabiers en 2007) s’y retrouvent. Des spatules blanches y nichent (93 nids en 2007).
En hiver, en moyenne plus de 25 000 canards (souchet, sarcelle, fuligule milouin…), des oies cendrées et de nombreuses autres espèces y passent la saison froide. - Sans compter plus de 50 espèces de mammifères dont la loutre, 30 espèces de poissons parmi lesquelles l’anguille et 12 espèces de batraciens dont certaines comme la grenouille rousse et le crapaud accoucheur doivent faire l’objet d’études complémentaires.
Acteurs
Un lac sous étroite surveillance
Avec le classement en Réserve naturelle régionale (RNR) des 650 hectares appartenant à la Fondation pour la protection des habitats de la faune sauvage, c’est désormais la totalité du lac de Grand-Lieu qui fait l’objet de mesures particulières de préservation.
- La Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique gère la RNR, en partenariat scientifi que avec l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Elle assure plusieurs rôles essentiels comme la veille sanitaire et le ramassage des oiseaux morts afi n de limiter les risques de botulisme. Elle travaille au comptage et au suivi des espèces, en étroite collaboration avec la réserve naturelle nationale. La Fédération gère également les prairies sur lesquelles paissent les troupeaux en période estivale et a mis en place un système de « fauche, pâture » qui est le modèle le plus intéressant pour l’accueil des oiseaux.
- Le 15 décembre 2008, le Conseil régional des Pays de la Loire a décidé du classement en Réserve naturelle régionale des 650 hectares gérés par la Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique. La Région assure depuis un accompagnement technique et fi nancier, à hauteur de 50% du coût des actions menées dans le cadre du plan de gestion.
Les pêcheurs professionnels de Grand-Lieu, acteurs de la défense du lac
« Au début du siècle dernier, 120 pêcheurs vivaient sur le lac de Grand-Lieu. Aujourd’hui, nous sommes sept en activité. Depuis toujours, nous veillons à préserver un équilibre fragile entre nos prélèvements et la richesse halieutique des lieux. Le classement en RNR conforte notre volonté de sauvegarder et de valoriser un patrimoine unique en son genre. Depuis de longues années, nous entretenons avec la Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique des relations étroites basées sur le partenariat et notre engagement commun à défendre cet environnement. Comme eux, nous sommes acteurs et partie prenante dans la défense du lac. » Dominique Robion, Président de la société coopérative des pêcheurs du lac de Grand-Lieu
Actions
Des actions concrètes pour l’avenir du lac
Le plan de gestion, prévu dans le cadre du label Réserve naturelle régionale, repose sur la participation active des acteurs de terrain. Il se traduit par :
- Des travaux scientifiques : inventaire botanique, suivi de l’hivernage et de la reproduction des oiseaux.
- La pérennisation du pâturage : depuis 1997, un troupeau de vaches nantaises, une race menacée, assure l’entretien des prairies de la réserve qui sont découvertes pendant six mois de l’année. Un terrain a été acheté pour pouvoir y construire un bâtiment agricole et les abriter en période hivernale.
- La gestion des roselières : travaux de coupe mécanique, sur certains secteurs et à différentes fréquences d’intervention, du roseau et des arbres pionniers afin de préserver la spécifi cité du milieu.
- La surveillance des espèces envahissantes comme le ragondin ou l’écrevisse ou, pour ce qui est du végétal, la jussie : à ce titre, plusieurs campagnes de piégeage et d’arrachage sont prévues au plan de gestion. Ces interventions s’accompagnent d’un suivi afin d’en évaluer l’impact réel sur les populations et donc sur la biodiversité du site.
- L’ouverture au public : afin de concilier découverte du site et respect de la tranquillité des lieux, un observatoire ornithologique mobile a été créé sur la pointe de la Grève. Il est ouvert au public tous les ans, entre mai et octobre. Un dispositif qui devrait être complété dans les prochaines années par la mise en place d’outils d’animation pédagogique.
































