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«La réforme de l’apprentissage est une remise en cause de ce qui fonctionne»

Les contours de la réforme de l’apprentissage souhaitée par le gouvernement seront précisés d’ici à la mi-avril, lorsque le projet de loi sera présenté en conseil des ministres. Sans attendre l’adoption d’une réforme jugée « inadaptée » et suite aux premières annonces du gouvernement, Christelle Morançais, présidente de la Région des Pays de la Loire, accueillait Hervé Morin, président de la Région Normandie, au CFA Grafipolis, à Nantes, le 13 février dernier. D’une seule voix, ils ont vivement critiqué le projet, assurant qu'il ne répondait pas « aux véritables enjeux » et surtout risquait « d'affaiblir le développement de l’apprentissage ».

« Suite à la présentation du projet de réforme de l’apprentissage par le Gouvernement, ma première réaction est d’abord de l’incompréhension puis une déception. » Christelle Morançais, présidente de la Région des Pays de la Loire, a tenu à montrer qu’en région, l’apprentissage fonctionnait et les investissements consentis dans ce domaine avaient depuis deux ans porté leurs fruits. Il permet notamment à sept jeunes sur dix de trouver un emploi moins de six mois après la fin de leur apprentissage. Christelle Morançais a tenu à montrer concrètement la réussite d’un plan de relance engagé en 2016 en invitant Hervé Morin, président de la Région Normandie et président de Régions de France, à venir observer la dynamique locale autour de cette voie d’excellence, en visitant le Centre de formation des apprentis (CFA) Grafipolis, à Nantes. Un établissement dont le financement est assuré à 50 % par la Région.

Une réussite en Pays de la Loire : 11 % d’apprentis en plus en deux ans
Pour Christelle Morançais, « la priorité n’est pas de faire table rase de ce qui fonctionne ni de faire abstraction du travail mené en région ». La présidente fait notamment référence à certaines mesures annoncées dans le projet de réforme et que la Région a déjà mises en place depuis l’adoption de son Plan de relance pour l’apprentissage en 2016 : aide au permis de conduire pour les apprentis, relèvement de l’âge d’accès à l’apprentissage pour les 26-30 ans, Prépa apprentissage, maintien en CFA de jeunes ayant vécu une rupture de contrat… « Ces propositions nous interrogent au moment même où nous affichons de très bons résultats démontrant toute notre légitimité à en conserver la gestion. Notre Plan de relance de l’apprentissage issu d’une large concertation, a permis une forte évolution du nombre d’apprentis de plus de 11 % en deux ans. Nous avons dépassé la barre des 30 200 apprentis. C’est un véritable succès hissant notre Région, au premier rang des Régions de France pour l’apprentissage. »

Des CFA financés "au contrat" : un risque de fracture territoriale

Christelle Morançais et Hervé Morin l’assurent : « Nous sommes tous unanimes sur la nécessité de réformer l’apprentissage mais pas au mépris du bon sens ni sans un bon pilote. Là où le Gouvernement annonce une transformation, nous voyons plutôt une complexification qui risque d’aboutir à une véritable usine à gaz. » Principal écueil du projet de loi de la réforme de l’apprentissage, les CFA seront financés "au contrat", c'est-à-dire selon le nombre d'apprentis qu'ils accueillent. Ce financement dépendra aussi du coût du diplôme préparé, qui sera déterminé par les branches. Les élus craignent de cette manière une fracture territoriale et la disparition programmée de CFA, notamment dans certaines zones rurales. Et cette disparition de formation de main d’œuvre locale aura une répercussion évidente sur l’activité des entreprises : « La réforme fragilise les PME qui embauchent des apprentis ».

Le refus d’une complexification du système

Juste devant le CFA Grafipolis, était stationné l’Apprentibus, la dernière initiative de la Région pour valoriser cette voie de formation. Ce véhicule mobile dédié à l’orientation s’adresse aux jeunes Ligériens, en priorité aux collégiens et lycéens. Il les accompagne dans leur découverte des métiers, des différentes voies d’accès à l’emploi et tout particulièrement de l’apprentissage. « C’est un outil original, complémentaire des outils existants, preuve supplémentaire qu’en matière d’apprentissage, nous savons innover », poursuit Christelle Morançais. « C’est un excellent moyen de valoriser une filière d’excellence depuis trop longtemps boudé par les circuits classiques de l’orientation », ajoute Hervé Morin. L’élu demande à ce que le gouvernement confie le volet de l’orientation aux Régions. « Il s’agit bien entendu d’organiser l’orientation de ces jeunes vers les CFA, car sans orientation locale, la réforme ne servira à rien. » « Notre seul objectif est de favoriser la réussite individuelle et collective des jeunes », insiste Christelle Morançais. « Pour ce faire, les Régions doivent prendre toute leur place dans le dispositif de l’apprentissage. Or, au vu des enveloppes budgétaires qui nous sont proposées dans le projet de réforme, le compte n’y est pas. Nous ne voulons pas être complices d’un système qui risque d’aboutir non seulement à une complexification avec près de 700 branches différentes en responsabilité mais, pire, à des fractures territoriales dans l’accès à l’apprentissage. »

 

 

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