En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir plus sur la gestion de vos cookies.

Lycées. Un contrat pour faire baisser la facture de chauffage

Jusqu’ici, les contrats de chauffage des lycées publics ne prévoyaient pas d’objectif chiffré d’économies d’énergie. En 2014, la Région des Pays de la Loire a fixé la barre à moins 25%. Les premiers résultats sont très encourageants.

Trois fois plus d'économies qu’attendu dès la première année. Le nouveau contrat de chauffage du lycée Jean Moulin d’Angers stipulait 4,5%. Ce sont en réalité 15,5% de kwh en moins qui ont été utilisés en 2014. L’expérimentation lancée par la Région des Pays de la Loire a rapidement fait ses preuves.

Jusque-là, les contrats d’exploitation et de maintenance du chauffage des lycées ne prévoyaient aucun objectif d’économie. Il a donc fallu revoir les cahier des charges des appels d'offres. Ainsi est né le MPPE, le marché public de performance énergétique. Un contrat sur 8 ans qui fixe un premier objectif de baisse de 4 à 5% sans travaux la première année et de 20 à 25% les années suivantes.

Une nouvelle façon de travailler

Deux lycées et 1 CFA se sont immédiatement lancés dans la démarche (Jean Moulin à Angers, Nicolas Appert à Orvault et l’ESFORA de La Roche-sur-Yon). Un engagement nécessaire à la réussite du projet selon la proviseure du lycée angevin Catherine Gay-Boisson : «Ça ne peut pas se faire sans l’adhésion du personnel car cela suppose d’adopter une nouvelle façon de travailler, un respect des consignes sur la durée.»

Résultat au lycée Jean Moulin : un triplement des objectifs dès la première année avec simplement quelques réglages et le nettoyage de tuyaux encrassés. Les 20% seront atteints dès 2015 grâce notamment au remplacement des chaudières à gaz qui dataient de la construction en 1993.

4 fois le prix des manuels scolaires

Ça n’a l’air de rien mais la facture énergétique est un enjeu très important pour la Région qui gèrent 113 lycées publics. «Ça nous coûte entre 15 et 16 millions d'euros par an», explique Matthieu Orphelin, vice-président de la Région des Pays de la Loire chargé des lycées «soit 4 fois le prix de la mise à disposition gratuite des manuels scolaires. Avec cette expérimentation, on démontre que des économies très substantielles peuvent être réalisées relativement facilement.»

Et le gain n’est pas que financier. L’environnement y trouve aussi son compte. Avec une baisse quasi immédiate d’1/4 des émissions de gaz à effet de serre, la Région est sur la bonne voie pour atteindre son ambition de moins 30% d’ici 2020.

17 lycées sur 113

De droite à gauche : Patrice Maury, gestionnaire du Lycée Jean Moulin, Matthieu Orphelin, vice-président de la Région des Pays de la Loire et Catherine Gay-Boisson
De droite à gauche : Patrice Maury, gestionnaire du Lycée Jean Moulin, Matthieu Orphelin, vice-président de la Région des Pays de la Loire et Catherine Gay-Boisson

Tous les lycées ne sont pas concernés de la même manière. Le MPPE vise surtout les établissements où il n’y a pas de gros travaux prévus dans les prochaines années. Dix-sept contrats ont été signés à ce jour. Toutes les restructurations ou rénovations en cours intègrent de fait des économies d’énergie. Les lycées entièrement neufs répondent tous aux normes les plus pointues et produisent même plus d’énergie qu’ils n’en consomment.

«Ce n’est pas suffisamment connu mais en Pays de la Loire, on a construit le plus grand bâtiment à énergie positive de France : le lycée Nelson Mandela sur l’Ile de Nantes. Pour mémoire, en 2010, il n’y avait aucun lycée dans la région qui se chauffait aux énergies renouvelables. Aujourd’hui, ils sont 25», rappelle Matthieu Orphelin qui se réjouit du chemin parcouru.

L’élu régional voudrait que les choses aillent plus loin, au-delà des frontières des Pays de la Loire. «Il y a des gisements d’économies fabuleux à faire en France dans tous les bâtiments publics si on y applique notre démarche MPPE. Nous mettons d’ailleurs à la disposition de tous les organismes publics qui le souhaitent notre travail et nos documents pour qu’ils s’en inspirent.» Et à en croire la proviseure du lycée Jean Moulin, ils auraient tort de s’en priver. Chiffres à l’appui, elle peut confirmer que la démarche est «tout à fait réaliste et faisable. Ce ne sont pas des plans tirés sur la comète. »

Mot(s) clef(s)

A noter

- Les pourcentages d’économies sont calculés sur la consommation en kwh et pas sur la facture en euros qui peut connaître des variations importantes en fonction de coût des matières premières sur le marché. Les données tiennent également compte des hivers plus ou moins rudes que connaît la région.

- Les deux autres établissements qui bénéficient de la MPPE depuis 2014 ont eux aussi dépassé les objectifs avec 7,7% pour le lycée Nicolas Appert d’Orvault et 17,7% au CFA Esfora de La Roche-sur-Yon.

Le MMPE en détails

Il s’agit d'un marché public avec obligation de résultat. Le prestataire retenu assure la maintenance et l’exploitation des installations existantes et garantit, par la réalisation de travaux sur les installations techniques, une amélioration de la performance énergétique et  la sensibilisation des utilisateurs. Ces marchés sont conclus pour une durée de 8 ans et garantissent la performance énergétique dans la durée. Si l’entreprise n’atteint pas les objectifs, elle rembourse à la Région les économies qui auraient dû être réalisées et elle est, de plus, pénalisée. Si elle dépasse les objectifs : les gains sont partagés entre elle et la Région.

Le 3X30%

La Région des Pays de la Loire s’est engagée à faire d’ici 2020 30 % d’économies d’énergie, 30 % d'énergies renouvelables et moins 30% de gaz à effet de serre dans les établissements qu’elle gère. Le MPPE est un des outils qui contribuent à atteindre cet objectif.

 

L'actu en images

Conseil Régional des Pays de la Loire
Hôtel de la région 1, rue de la Loire 44966 Nantes Cedex 9
accueil@paysdelaloire.fr - 02 28 20 50 00