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Erika, La Région des Pays de la Loire va percevoir 8,5 M€ d’indemnités

La convention d’exécution soumise au vote des élus régionaux de la Commission permanente du 11 juillet 2011 prévoit le versement intégral des indemnités restant à recouvrer. Les sommes perçues seront destinées à l’environnement et à la préservation des biodiversités au travers de 3 projets.

« C’est une réelle victoire pour nous toutes et tous qui avons vécu ce drame, et depuis, toutes les échéances judiciaires ! » se réjouit Jacques Auxiette. Le 30 mars 2010, la Cour d’Appel de Paris avait confirmé la culpabilité de l’armateur, du gestionnaire, de la société de classification RINA ainsi que de la société TOTAL SA pour le délit de pollution des eaux. La Cour a également confirmé le montant des indemnités civiles accordées à la Région des Pays de la Loire (préjudice matériel et d’atteinte à l’image) et fait droit à sa demande de réparation du préjudice écologique, ce qui a constitué une première en droit.

Mais la Cour a écarté la responsabilité civile de la société TOTAL SA. Seuls ont été condamnés au paiement solidaire des indemnités civiles l’armateur, le gestionnaire et la société de classification du navire. Après de multiples tractations et tergiversations, la société RINA et les parties civiles sont en passe de conclure une convention d’exécution de l’arrêt de la cour d’appel le 30 mars 2008 permettant le versement des indemnités.

Compte tenu des difficultés d’exécution du jugement, liées en particulier à la dimension internationale de ce litige, la convention d’exécution envisagée, et qui sera soumise au vote des élus régionaux de la Commission permanente du 11 juillet prochain, prévoit :

  • le versement intégral des indemnités restant à recouvrer y compris les frais de procédure mis à la seule charge de l’armateur et du gestionnaire soit 8 080 098,10 € assortis des intérêts à taux légal soit 8 496 976,62 € (le versement de 250 000 € de frais de procédure imputables à TOTAL SA a déjà eu lieu) ; Pour Jacques Auxiette, il s’agit « d’une convention d’exécution du jugement et en aucune manière d’une transaction ; les contribuables et les habitants de notre côte atlantique, verront la collectivité recevoir la totalité des sommes dues, intérêts compris ! ».

  • L’acceptation de ces sommes pour solde de tout compte contre quelque débiteur que ce soit, ceci incluant, outre la société RINA, les autres prévenus tels que Messieurs POLLARA et SAVARESE, la société TOTAL et leurs assureurs ; « Nous avons donc la garantie de conserver la totalité des sommes perçues quelle que soit l’issue de la cassation » explique Jacques Auxiette.

  • La possibilité de poursuivre notre action devant la cour de cassation et la cour d’appel en cas de renvoi à l’exception des demandes d’indemnités complémentaires ce dont se félicite jacques Auxiette pour qui « nous continuerons à défendre juridiquement l’existence d’un préjudice écologique ».

 
Comme la Région s’y était engagée, les sommes perçues d’ici la fin de cette année seront destinées à l’environnement et à la préservation des biodiversités.  3 projets sont d’ores et déjà ciblés :

  • Le projet de Centre Beautour à La Roche sur Yon, centre de découverte, de culture et de recherche sur l’environnement et la biodiversité

  • Le projet de Maison de l’estuaire qui verra le jour dans l’ancienne usine élévatoire, à l’entrée du Port de Saint Nazaire

  • Suite à la tempête Xynthia, le projet de centre d’interprétation et de mémoire « Litoralis » sur les enjeux du littoral et les innovations en matière de prévention et de gestion des risques liés à la mer qui sera basé en Sud Vendée

Dates clé

  • 12 décembre 1999 : naufrage de l’Erika au large des côtes bretonnes
  • 16 janvier 2008 : 1er jugement le Tribunal Correctionnel de Paris a reconnu la culpabilité de l'armateur Giuseppe SAVARESE, du gestionnaire Antonio POLLARA, de la société de classification RINA et de la société TOTAL SA pour des délits de pollution des eaux – condamnation solidaire à verser 192 M€ dont 4,78 M€ pour la Région des Pays de la Loire en réparation de ses préjudices matériels et d’atteinte à l’image
  • du 5 octobre au 18 novembre 2009 : procès en appel au Tribunal de Paris
  • 30 mars 2010 : la Cour d’Appel de Paris confirme les condamnations pénales - reconnaît le préjudice écologique causé aux collectivités territoriales en indiquant que « toute atteinte à l’environnement non seulement préjudice directement à ce bien être que la collectivité territoriale tente d’apporter à l’ensemble de ses habitants mais contrarie également les efforts faits par elle dans le cadre de ses compétences pour améliorer leur cadre de vie ». - La Région des Pays de la Loire se voit ansi attribuer 3 M€  en réparation du préjudice écologique, 4 730 098,10 € pour les préjudices matériels et d’atteinte à l’image ainsi que 600 000 euros pour les fais d’avocats soit  des réparations pour un montant total de 8 330 098,10 euros
  • La Société TOTAL SA a décidé de se pourvoir en cassation. Elle conteste sa responsabilité pénale au motif que l’article L 218-18 du code de l’environnement en vertu duquel les poursuites ont été engagées, serait contraire au droit international, la convention MARPOL autorisant uniquement la poursuite du propriétaire et du capitaine du navire.
  • la Région a décidé de former un pourvoi incident aux fins d’obtenir la confirmation des dispositions de l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris ainsi que la condamnation de la société TOTAL SA au paiement des indemnités civiles.
  • 11 juillet 2011 : Commission permanente du Conseil régional des Pays de la Loire pour adopter la convention d’exécution du jugement
  • Fin 2011 : attente de la décision de la Cour de Cassation



 

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