Push Up : comédie grinçante du Théâtre d'Air
Six cadres dirigeants rivalisent de cynisme pour asseoir leur pouvoir… et dévoilent leurs failles intimes en aparté. "Push Up", comédie grinçante de la compagnie Théâtre d’Air, se joue en janvier au Mans et en février à Craon et Laval. Rencontre avec Virginie Fouchault, metteuse en scène.
"Push up" est la dernière création de la compagnie Théâtre d’Air. De quoi parle-t-elle ?
C’est une pièce écrite par un auteur allemand contemporain, Roland Schimmelpfennig. Elle raconte l’histoire de six cadres d’une entreprise, six guerriers du monde capitaliste qui s’affrontent en duel. Ils évoluent dans un décor plastique et vidéo qui joue sur la transparence et renforce la confusion entre le virtuel et le réel. La tension est extrême. Ils calculent leurs moindres faits et gestes et utilisent sans vergogne la ruse, le chantage et la cruauté. Il y a cependant un fossé entre ce qu’ils montrent et ce qui se passe à l’intérieur d’eux. Face au public, ils se dévoilent par petites touches, via des monologues. Ils ne vivent que par et pour leur entreprise, leur vie personnelle est proche du néant.
C’est donc une pièce assez sombre ?
Oui, mais le tragédie est transcendée par l’humour. On rit beaucoup, même si c’est souvent jaune ! Et il reste une note d’espoir pour ceux qui restent vigilants sur l’essentiel : la vie amoureuse, les amis, la famille… "Push Up" est en tout cas bien loin d’une création purement cérébrale. C’est une pièce humaine et théâtrale au vrai sens du terme, avec des textes très investis physiquement. Les personnages passent ainsi en quelques secondes de l’élégance à une rage presque animale. Travailler cette bascule des acteurs a d’ailleurs été passionnant.
Pourquoi avez-vous choisi d’explorer le thème du capitalisme et du travail ?
J’aime étudier les lieux fermés et les relations contraintes. Ce fut le cas avec ma précédente pièce, "Marcia Hesse", qui se déroulait dans un univers familial. Le monde de l’entreprise m’est lui aussi apparu comme une source foisonnante d’inspiration. C’est en même temps un sujet de plus en plus douloureux dans notre société et j’ai été marquée par les suicides dans les grandes sociétés, comme France Telecom. L’exigence de rentabilité immédiate est un cercle vicieux, elle se répand et c’est inquiétant. "Push Up" m’a tout de suite séduite car elle combine ces préoccupations avec une écriture non réaliste et théâtrale. Roland Schimmelpfennig l’a créée il y a 10 ans, mais elle n’a hélas pas pris une ride.
Push Up
- Du 17 au 20 janvier (complet le 19) au Théâtre de l'Éphémère au Mans
- Le 10 février à l’espace culturel Saint-Clément à Craon
- Le 24 février au Théâtre de Laval






























