Cholet accueille la 7e école de production régionale

Une nouvelle école de chaudronnerie est ouverte à Cholet. Ou plus exactement une école de production, la septième en Pays de la Loire. Ces établissements privés à but non lucratif proposent une nouvelle forme d’apprentissage à des jeunes en décrochage scolaire, les aident à reprendre confiance en eux et les forment à un métier, dont les débouchés sont réels.

"Faire pour apprendre" : c’est la devise des écoles de production, qui proposent à des jeunes âgés de 14 à 18 ans des formations qualifiantes et insérantes basées sur une pédagogie adaptée. À l’Institut de formation technique de l'Ouest (IFTO), nom de la nouvelle école de production en chaudronnerie qui a ouvert ses portes à Cholet en septembre 2020, 11 jeunes constituent la première session : ils apprennent un métier, à vivre ensemble, et plus généralement à se (re)lancer dans la vie.

Un atelier école de 350 m²

Lancée en partenariat avec la CCI de Maine-et-Loire et soutenue par l'Agglomération du Choletais, la fédération nationale des écoles de production et la Région des Pays de la Loire, cette école s'est installée sur le site du centre de formation des apprentis Eurespace, où elle peut bénéficier d'une surface d'ateliers de 350 m².
« Nous ne sommes pas dans un cadre d’apprentissage traditionnel, et c’est cela qui me plaît », insiste Titouan. Son camarade Declan voit dans le domaine de la chaudronnerie beaucoup d’avantages pour prendre un bon départ : « la bonne ambiance déjà, la concentration retrouvée car la matière métal nécessite une application constante ».

L’envie d’y arriver

À 17 ans, Mathieu est le plus âgé du groupe : « travailler de ses mains, mais surtout produire des pièces utiles, c’est vraiment motivant. D’autant plus que la matière métal me donne beaucoup d’énergie. » Seule fille de cette première session, Hortense (14 ans) a de l’ambition : « J’espère pouvoir décrocher ce CAP mais surtout poursuivre ensuite en Bac pro, et même en BTS ensuite pourquoi pas. J’ai vraiment envie d’y arriver. »

Ils ont dit...

Jean-Marc Castera, maître d’internat de l’école de production de l’IFTO

Apprendre la vie en groupe

« La spécificité de cette école est non seulement de permettre à l’élève de consacrer les deux tiers de son temps à travailler concrètement, mais aussi de se retrouver sur d’autres moments conviviaux. L’internat est obligatoire, c’est un principe apprécié de tous car les jeunes apprennent la vie de groupe, la cohésion, l’entraide. D’autres activités leur sont ainsi proposées comme du sport, du théâtre, des ateliers lecture… Cela leur permet de se forger une identité, un caractère. »

Jean-Marc Castera

Maître d’internat de l’école de production de l’IFTO.

Yoan Laouer, maître professionnel et chef d’atelier de l’IFTO

L’épanouissement recherché

« C’est vraiment une autre façon de pratiquer l’apprentissage, et la vie en groupe permet de créer cette énergie positive. Nous sommes à la fois très surpris et très satisfaits de ces premières semaines d’apprentissage car les jeunes sont généreux, impliqués. Ces jeunes font preuve d’une maturité importante alors que leurs trajectoires sont parfois un peu compliquées. C’est aussi cela l’objectif recherché : qu’ils puissent s’épanouir dans leur vie sociale et professionnelle. »

Yoan Laouer

Maître professionnel et chef d’atelier de l’IFTO

Emmanuel Rouve, directeur de l’IFTO

Répondre à une demande du territoire

« Cette école de production permet d’apprendre en produisant et sans devoir alterner entre l’école et l’entreprise. L’élève reste au sein de l’établissement pour l’ensemble de sa formation et participe à la réalisation de commandes aux conditions du marché pour des clients industriels. On travaille un peu comme un sous-traitant en répondant à une réelle demande du territoire et les besoins en recrutement sont nombreux. C’est une bonne façon de mettre un pied dans le monde du travail. »

Emmanuel Rouve

Directeur de l’IFTO

A savoir :

Les écoles de production offrent une troisième voie de formation entre l'apprentissage et le lycée professionnel. On y apprend un métier en fabriquant de vrais produits pour de vrais clients, tout en préparant un CAP ou un bac pro. Une solution pour sortir de l'échec, reprendre confiance en soi et s'insérer.