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L’entrepreneuriat au féminin au cœur du débat organisé par la Région à l’Abbaye de Fontevraud

Le 8 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Région des Pays de la Loire a souhaité mettre en valeur les compétences, les succès, les parcours et les talents régionaux conjugués au féminin. Témoins et experts ont répondu à l’invitation de Christelle Morançais, présidente de la Région des Pays de la Loire, pour participer à cette journée d’échanges autour de l’entrepreneuriat féminin.

Le choix de l’Abbaye de Fontevraud pour accueillir les débats et les échanges autour de l’entrepreneuriat féminin n’avait rien d’anodin. Lieu emblématique, ce patrimoine régional a été dirigé par des femmes. Le 8 mars dernier, d’autres femmes, engagées et aux trajectoires parfois atypiques, y ont évoqué à travers le récit de leur parcours, les conditions pour rendre possible et faire progresser l’égalité femmes - hommes, dans les sphères professionnelles, associatives et sociales. Avec notamment, dans la salle, plus de 130 lycéens des Pays de la Loire venus suivre cette journée.

3 entreprises sur 10 dirigées par des femmes

« C’est la première fois que la Région organise un événement de cette nature pour mettre à l’honneur nos femmes ligériennes et j’en suis très heureuse », a rappelé Christelle Morançais, présidente du Conseil régional des Pays de la Loire, soulignant à la fois le tempérament engagé de ces femmes, « déterminées à mettre à l’honneur l’audace, la persévérance et l’optimisme ». En organisant cette journée d’échanges, la présidente a voulu souligner le chemin parcouru et « celui qu’il reste à faire pour que des femmes soient en nombre plus important aux postes stratégiques ». En effet, sur dix entreprises créées, trois sont actuellement dirigées par des femmes.

Connaître les freins et les gommer

Cette journée a souligné qu’il était possible d’entreprendre et de réussir quand on est une femme, à condition de se détacher de clichés persistants. Et les idées reçues sont encore présentes, comme l’a illustré Pascal Seguin, directeur de l’INSEE : chiffres à l’appui, il déplore que les « motifs familiaux, comme la garde d’enfants, sont les premiers freins auxquelles les femmes sont confrontées lorsqu’elles souhaitent passer du temps partiel à un temps plein. » D’autres freins sont tenaces, au premier rang desquels la confiance accordée aux femmes dans la conduite de projets, confiance parfois fragile. Le témoignage de Cléa et de Manon Malbezin, cogérantes de la société Demoiselles d’Anjou (49) en atteste : « lorsque nous cherchions des soutiens pour notre projet d’entreprise, certains se sont montrés attendris par notre aventure familiale, car nous sommes sœurs. D’autres ont pensé très fort à notre crédibilité très relative en raison de notre jeunesse. Et auprès des organismes bancaires, il faut batailler peut être plus qu’il ne le faudrait car deux femmes qui lancent une activité, qui plus est dans un domaine artistique, n’est pas de nature à rassurer les investisseurs. »

Permettre aux femmes de choisir leur métier

Parmi les intervenants présents, Alexandra Jourde, directrice du CFA en BTP du Mans (72) était venue, accompagnée d’une apprentie, Eva Leblanc, pour témoigner de la féminisation lente, mais réelle, des métiers du bâtiment. « Dans notre établissement, 25 jeunes femmes sont en formation, sur 700 apprenants. Mais, fait marquant, elles investissent toutes les facettes des métiers du bâtiment ». La directrice insiste à la fois sur une intégration facilitée, un nombre très faible de ruptures de contrat, et des tempéraments « volontaires, affranchis de tout complexe d’infériorité ». Se battre contre les préjugés, dénoncer une absence de mixité dans certaines sphères éducatives, de métiers liés à la recherche, à l’informatique, Roselyne Bienvenu y participe. La vice-présidente de la commission Culture, sport vie associative, bénévolat et solidarités de la Région des Pays de la Loire, le confirme : « des perceptions de métiers catégorisés comme masculin ou féminins persistent, ce n’est pas une vue de l’esprit. Des lois sont parfois nécessaires pour inciter à faire bouger les lignes. »

Dépasser la seule notion du féminisme

Des dispositifs législatifs ont boosté la parité femmes - hommes dans le domaine économique : Laurence Vernay, avocate et déléguée régionale du collectif Femmes chefs d’entreprises, a mentionné que « la loi Copé-Zimmermann de 2017 avait porté ses fruits. Le texte prévoit de parvenir à 40 % de femmes dans les conseils d’administration ou de surveillance des sociétés cotées et des grandes entreprises : cela a permis à beaucoup de femmes de retrouver une certaine légitimité ». L’avocate souhaite néanmoins « dépasser la seule notion du féminisme pour faire avancer les choses ». Une position confortée par le grand témoin de la journée, Claire Gibault, mancelle et directrice artistique et musicale du Paris Mozart Orchestra qu'elle a fondé en 2011. Elle est revenue sur son « parcours semé d’embûches, car un orchestre dirigé par une femme, ce n’est ni un cadeau, ni une évidence. De plus, je n’avais pas de modèle féminin, donc pour réussir, j’ai dû me montrer têtue, obstinée. »

Ne pas avoir peur de la réussite

« Je n’ai jamais été à l’aise avec la notion de féminisme et de quota », a poursuivi Anne-Sophie Loizeau, dirigeante de la société des transports Pressac (85). « Cela revient à dire que l’on proposerait un poste à une femme sur le seul critère qu’elle n’est pas un homme ? » « Le besoin de disposer de conseils et d’informations et l’ensemble de réseaux formels permettent de générer de la confiance pour l’entrepreneur féminin », a indiqué Vincent Lefeuvre, professeur en entrepreneuriat à Audencia Nantes. « Quand on a besoin de s’affirmer, sans réseau, on est beaucoup moins fort et moins accepté, c’est encore plus vrai dans la sphère féminine. » Tout en terminant son propos par une note positive : « les courants actuels et les statistiques montrent, qu’en France, il n’a jamais été aussi porteur qu’aujourd’hui pour une femme de s’engager dans l’entrepreneuriat ». Tandis qu’Annick Brindeau, présidente départementale de France bénévolat pour la Sarthe a rappelé que « la valeur la plus noble, c’est celle de l’engagement et du don de soi : prendre en main un projet, c’est donner du sens à sa vie ».

« On a besoin de ces temps d’échanges et de rencontres pour faire progresser cet enjeu de parité. L’objectif reste que les femmes puissent avoir le choix de s’engager et d’être elles-mêmes, dans leur carrière, dans leurs aspirations sociales et familiales. »
Laurence Garnier, vice-présidente de la Région des Pays de la Loire, présidente de la commission culture, sport, vie associative, bénévolat et solidarité.

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